UN BLOGUE PAR Simon Fuh: Cheryl Pagurek ET LA NUIT BLANCHE OTTAWA + GATINEAU

PHOTO COURTESY OF THE ARTIST AND PATRICK MIKHAIL GALLERY. PHOTO FOURNIE PAR L’ARTISTE ELLE-MÊME ET LA GALERIE PATRICK MIKHAIL 

par: Simon Fuh

Établie à Ottawa, Cheryl Pagurek utilise plusieurs techniques artistiques, mais s’intéresse particulièrement à la photographie et à l’art vidéo. Durant les vingt dernières années, ses œuvres ont été exposées un peu partout au Canada, notamment dans de nombreux centres gérés par des artistes situés à Ottawa, Gatineau et Victoria et à l’occasion d’événements artistiques dont la Nuit Blanche Ottawa+Gatineau, Luminocity (Kamloops) et Art Souterrain (Montréal). Selon elle, ses œuvres, qui sont en évolution constante, diversifiées, envoûtantes et exécutées d’une manière consciencieuse, explorent et perturbent les attentes du public à l’égard de la photographie et de la vidéo.

Bodies of Water fut l’un des projets sélectionnés pour faire partie de la programmation de la Nuit Blanche Ottawa+Gatineau en 2014. Cette projection, présentée sous la forme d’une grande boîte lumineuse, faisait appel à la participation des passants en sollicitant d’une part leur vue, d’autre part, leur ouïe, grâce à des sons émis par de grands haut-parleurs cachés. Des dessins et des images “représentant la fluidité des gestes du quotidien et des paysages urbains étaient projetés sur la surface de l’eau”. Cette projection illustrait bien la relation entre le récit du voyage humain et la couleur, l’énergie, la permanence et le caractère éphémère associés à l’eau mouvante. Bodies of Water fut l’un des coups de cœur du public lors de la Nuit Blanche. Ce projet a également été présenté au festival Luminocity.

Le projet que Pagurek est en train de réaliser est une installation audiovisuelle interactive qui intègre un système de télédétection 3D et qui a pour but d’amener les spectateurs à réfléchir aux liens qu’ils créent et entretiennent au quotidien dans un monde où la technologie et les réseaux sont dominants. Il est possible d’avoir un aperçu de ce projet, qui est en cours de réalisation, à l’adresse suivante : www.cherylpagurek.com. En mettant sur pied ce projet, qui s’annonce touchant, fascinant et empreint de beauté, Pagurek a plongé dans l’univers des nouveaux médias. Ce projet pourrait marquer un tournant inattendu dans sa carrière. “Tout cela est nouveau pour moi. Une partie de mon travail consiste à découvrir les possibilités qu’amène la création. Grâce à la technologie numérique, ce potentiel est d’autant plus immense. Lorsque je crée un projet, j’essaie toujours de me dépasser d’une manière ou d’une autre. Je laisse les idées venir, j’essaie de nouvelles choses et je me laisse guider par l’œuvre”, explique-t-elle. Les technologues d’Artengine Ray Gould et Jean-Claude Batista aideront Pagurek à réaliser ce projet au cours des prochains mois grâce à leurs habiletés en conception sonore et en développement de logiciels.

Le travail de Pagurek a évolué au fil des ans, notamment en ce qui concerne les matériaux qu’elle emploie et l’environnement dans lequel elle travaille. En effet, elle privilégie les lieux publics plutôt que les centres d’art gérés par des artistes. “Lorsqu’une personne entre dans une galerie, c’est qu’elle a délibérément choisi d’entrer dans cet endroit. Ce qui est différent et valorisant avec l’art public, c’est qu’il est possible d’influencer des gens qui n’ont pas de connaissances poussées en arts et pour qui il est possible de s’abandonner à une œuvre le temps d’un instant”, précise-t-elle. Elle a participé à plusieurs festivals et a contribué à un projet d’art vidéo. Avec un peu de chance et de savoir-faire technique, il est donc fort probable que cette nouvelle œuvre d’art interactive sera une réussite et saura captiver l’attention du public.

Pagurek est passée de la sculpture et l’art de l’installation au début des années 1990 à la photographie et aux nouveaux médias. Elle ne craint donc pas les nouveautés technologiques et évolue au gré des possibilités qui se présentent aux artistes depuis l’arrivée des médias numériques. Bien que l’aspect technique de son travail ait changé, son allégeance esthétique reflète toujours sa curiosité, sa sensibilité et son audace. Au sujet de l’enthousiasme que les nouveaux médias peuvent susciter, Pagurek souligne que la nouveauté est bénéfique, mais qu’il est important de demeurer conscient de la façon dont les changements influencent le comportement des gens. Pour cette aficionada des galeries d’art, la technologie doit être utile; les œuvres d’art que la technologie contribue réellement à rendre intéressantes demeurent les plus attrayantes.

N’oubliez pas de visiter le site Web de Cheryl Pagurek afin de découvrir ses œuvres.

Simon Fuh est un étudiant en beaux-arts, Département d’Art Visuel, Faculté des beaux-arts, University of Regina.

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