Un blogue par Kolby Kostyniuk: Alejandra Vera et la Nuit Blanche Ottawa + Gatineau 2013

Vera picture

par: Kolby Kostyniuk

Quiconque a pris quelques clichés pendant la Nuit Blanche Ottawa + Gatineau 2013 s’est laissé émerveiller par LA lampe gigantesque installée sur la rue William entre York et George. Comme un phare dans la nuit, la Nightlight d’Alejandra Vera nous en a littéralement mis plein la vue pendant l’événement. Pour que cet objet étranger prenne vie, les passants étaient invités à participer au processus artistique en le photographiant; le flash de leurs caméras activait l’éclairage de la lampe, qui illuminait et électrisait la nuit blanche.

Pour cette artiste émergente à Ottawa, NBOG représentait l’occasion de combiner son travail et l’intérêt qu’elle porte à la communauté. « Les événements comme la Nuit Blanche sont des occasions uniques autant pour les artistes que pour la communauté. Ils donnent la chance à la population de découvrir l’art contemporain et permettent aux artistes de travailler sur des projets éphémères et, avec un peu de chance, de sortir de leur zone de confort ». Née en Équateur, Alejandra Vera s’est installée au Canada pour compléter ses études et a obtenu un baccalauréat en beaux-arts (peinture et sculpture) du Nova Scotia College of Art & Design. Aujourd’hui, elle pratique la peinture, la sculpture et l’art de installation. Par contre, elle ne privilégie aucune technique particulière et s’intéresse plutôt à la façon dont les idées sont transposées dans des œuvres grâce à différentes techniques et sous différentes formes d’art. Son but premier est d’étudier la relation qui existe entre la technique, l’espace et le spectateur. « J’aime jouer avec les idées préconçues qu’ont les gens sur la peinture ou la sculpture et avec l’influence de ces préjugés sur les œuvres. Autrement dit, je m’intéresse à l’écart qui existe entre ce que le spectateur voit et ce qu’il connait », explique Vera. Nightlight est un projet d’art collaboratif exceptionnel puisqu’il reflète le souci de l’artiste de valoriser la différence entre ”ce que l’on voit et ce que l’on sait”. Ce projet se distingue aussi par la forme et la taille de l’œuvre, l’endroit où elle est installée, les matériaux utilisés pour la créer, mais aussi par les comportements qu’elle déclenche, qui sont influencés par la culture populaire.

Vera s’intéresse aux matériaux et aux formes qui font partie de notre environnement urbain. Elle a donc utilisé la même pellicule réfléchissante qui recouvre les panneaux de signalisation sur les routes pour recouvrir la lampe. Cette pellicule réfléchissante a tout de suite attiré l’attention de Vera alors qu’elle se promenait le soir, mais ce qui l’a surtout animée, c’est le désir de créer un projet en utilisant la technologie, une installation qui reflèterait notre vie et nos comportements quotidiens.

Habituée de créer des installations dans des galeries d’art, Vera a pris les mesures nécessaires pour réussir à adapter Nightlife à l’espace public. Elle aime élaborer des projets en plein air et dans les espaces publics et est soucieuse de bien connaître l’espace dans lequel elle travaille. Selon elle : « Il est important de tenir compte du public, des caractéristiques propres à l’emplacement et du lien qui unit l’œuvre, l’espace et le temps. » Dans une galerie d’art, il est plus facile de contrôler l’espace, de plus, la participation du public y est plus directe que dans un lieu public. Pour que son projet soit une réussite, Vera voulait comprendre les déplacements du spectateur, les dynamiques présentes dans l’environnement et le changement de l’éclairage. En cours de route, elle a contacté les propriétaires de commerces environnants pour les convaincre d’éteindre les lumières et les enseignes de leurs magasins pendant une nuit. Au moment de la mise en place, quelques problèmes sont survenus, mais ont été réglés rapidement. Vera était libre de présenter l’œuvre et d’occuper l’espace dont elle disposait comme elle le souhaitait puisque que les organisateurs du festival étaient favorables aux procédures et aux changements qui accompagnent généralement l’installation de ce genre d’œuvre contemporaine. Vera estime que l’expérience qu’elle a vécue lors de la Nuit Blanche 2013 fut d’une valeur inestimable puisqu’elle lui a permis de se familiariser avec l’art éphémère et, en quelque sorte, de sortir de sa zone de confort.

N’oubliez pas de visiter le site Web d’Alejandra Vera afin de découvrir ses œuvres.

Kolby Kostyniuk est un étudiant en beaux-arts, Département de Film, Faculté des beaux-arts, University of Regina.

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